No 179, octobre 2021

Publications

Un village neuchâtelois au temps de la Première Guerre

couverture

Référence bibliographique
Revue historique neuchâteloise, N 1-2, 158e année, 2021
Le site web de la RHN : www.histoirene.ch

Le dernier numéro de la Revue historique neuchâteloise (RHN) s’intéresse au quotidien d’Agnès Robert, une femme établie à St-Blaise au temps de la Grande Guerre. Son témoignage permet d’en savoir davantage sur le quotidien de la bourgade en 1912 et en 1917, alors que celle-ci se transforme en village de garnison.

C’est un bel exercice de «micro-histoire» auquel s’est livré l’historien Jacques Ramseyer dans le sujet d’ouverture du dernier numéro de la RHN. Le chercheur a analysé le journal personnel d’Agnès Robert, habitante de Saint-Blaise. La protagoniste y raconte plusieurs aspects de son quotidien. Des écrits qui prennent une tournure particulière dans le contexte du premier conflit mondial.

Agnès Robert n’est autre que la femme du peintre Théophile Robert, petit-neveu du célèbre Léopold Robert. C’est d’ailleurs un portrait de sa femme réalisé par Théophile Robert qui figure sur la couverture de ce dernier numéro de la Revue historique neuchâteloise.

Comme le précise l’auteur, «presque toutes les grandes questions qui ont agité la Suisse durant les premiers mois de l’année 1917, de même que les répercussions du conflit mondial sur leur quotidien, se reflètent dans le petit miroir privé d’Agnès Robert.»

Les écrits d’Agnès Robert nous renseignent par exemple sur le problème du «fossé moral» qui, vu de Saint-Blaise, a gagné la Suisse durant la Première Guerre mondiale. C’est-à-dire que, comme le précise Jacques Ramseyer, «les habitants des cantons latins, contrairement aux Suisses alémaniques, qui penchent plutôt pour les Empires centraux, sont en effet majoritairement en faveur de la France et des autres pays de l’Entente.»

A partir du début de l’année 1917, avec la mobilisation de la 2e division, Saint-Blaise devient un village de garnison. Agnès Robert relate ceci à propos des différentes troupes qui se succèdent à Saint-Blaise : «Ces Fribourgeois sont tout braves, très sympathiques, parlent peu mais sur un joli ton. Ils ne sont pas si ronchonneurs que nos Neuchâtelois » […] A la suite des Fribourgeois débarquent les Soleurois : «Ils jouent à la perfection et leur tenue est irréprochable. Le sergent que nous logeons nous fait très bonne impression.» […] Après les Soleurois c’est le tour des Jurassiens qui ne gagnent pas à la comparaison : «Les spécimens qui sont venus sont moins bien que tous ceux que nous avons vus jusqu’à présent, leur langage est grossier.» La troupe jurassienne s’en ira le 26 mars, laissant sa place aux Zurichois «avec lesquels le contact ne s’établit pas». Ils partiront «sans tambour ni trompette, personne ne va les voir partir, parce qu’ils n’ont voulu frayer avec personne.»

D’autres anecdotes sympathiques jalonnent ce texte qui traite encore des questions liées par exemple au ravitaillement et au rationnement. L’entourage d’Agnès Robert et de son mari peintre fait également sujet, notamment par la présence dans l’univers du couple de Charles-Edouard Jeanneret (futur Le Corbusier).

Les autres articles de cet exemplaire de la RHN traitent notamment des postes des anciens corps de garde dans les montagnes neuchâteloises, de découvertes, par des calcéologues, d’anciennes chaussures antérieures au siècle dernier à La Sagne, à Cressier, et à Neuchâtel.

Enfin le professeur honoraire de littérature française Philippe Terrier offre un récit détaillé et fort intéressant de la visite qu’a effectuée Thomas Mann à l’Université de Neuchâtel en janvier 1934, sous l’impulsion des étudiants de la société de Belles-Lettres.


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