No 156, janvier 2019

Université

Accès à l’emploi, aux études et détention administrative des requérant-e-s d’asile varient selon les cantons

nccr on the move

L’ouverture du marché de l’emploi, l’accès aux études, mais aussi la détention administrative des requérant-e-s d’asile varient considérablement d’un canton à l’autre. C’est ce que révèlent trois études du Pôle de recherche national sur la migration et la mobilité «nccr – on the move», coordonné par l’Université de Neuchâtel. Les résultats sont résumés dans trois brochures grand public.

«Le taux d’emploi des requérant-e-s d’asile avec un statut N est notablement plus élevé dans les cantons avec un marché du travail ouvert. Il varie entre un taux d’emploi nul dans les cantons de Glaris, du Jura, de Nidwald et d’Uri à 17,5 % dans le canton des Grisons», explique Alois Stutzer, chef de projet du «nccr – on the move» et professeur d’économie politique à l’Université de Bâle. L’étude réalisée par Alois Stutzer et Michaela Slotwinski montre que les requérant·e·s d’asile sont nettement plus nombreux·euses à travailler dans les cantons présentant moins d’obstacles réglementaires, c.-à-d. sans interdiction de travail prolongée, sans restriction des secteurs d’emploi, et où le processus d’octroi d’un permis de travail est court et simple et aucune déduction supplémentaire n’est effectuée pour un éventuel revenu. En outre, un accès plus ouvert au marché du travail peut contribuer à réduire la dépendance des requérant-e-s d'asile de l'aide sociale. «L’accès tardif au marché du travail est une opportunité manquée dans le cas des requérant-e-s d’asile qui bénéficieront très probablement du statut de réfugié-e-s», constate le chercheur.

Universités suisses difficiles d’accès aux étudiant-e-s réfugié-e-s
«La Suisse a besoin de main-d’oeuvre hautement qualifiée et il est judicieux de qualifier ceux qui en possèdent le potentiel, qui vivent déjà dans le pays et qui y resteront en grande partie», constate Katrin Sontag, postdoctorante «nccr – on the move» à l’Université de Bâle. L’enquête de Katrin Sontag et de Tim Harder explique pourquoi les hautes écoles suisses ne sont que difficilement accessibles aux étudiant-e-s réfugié-e-s. Les plus grands obstacles sont la reconnaissance de leurs diplômes, le financement des études et la rareté des cours de langues abordables. De nombreuses initiatives bénévoles ont été lancées dans plusieurs universités par des étudiant-e-s locaux pour coacher les réfugié-e-s qui désirent suivre des cours universitaires. Toutefois, seule l’Université de Genève reconnaît les prestations acquises lors d’une immatriculation ultérieure. Les auteurs proposent aux cantons universitaires de suivre l’exemple genevois pour un ancrage institutionnel des initiatives bénévoles. Ils recommandent en outre d’instaurer des cours de langue et préparatoires à l’échelle nationale et de simplifier les procédures d’admission et de reconnaissance des diplômes étrangers.

Détention en vue du renvoi très variable selon les cantons
Les cantons peuvent utiliser la détention administrative pour assurer l’exécution du renvoi d’une personne étrangère. Les analyses quantitatives conduites par Christin Achermann, professeure et cheffe de projet «nccr – on the move» à l'Université de Neuchâtel, et son équipe de recherche montrent qu’une moyenne de 5823 ordres de détention par an ont été enregistrés de 2011 à 2017. 81% de toutes les détentions se concluent par l’exécution du renvoi. Les personnes détenues sont majoritairement de jeunes hommes originaires d’Afrique ou des Balkans de l’Ouest. Deux tiers ont demandé l’asile en Suisse. Ces chiffres globaux cachent une grande diversité de pratiques parmi les cantons, qu’il s’agisse de la fréquence du recours à la détention, de la durée moyenne, du taux de retour, du type de détention utilisé ou du profil des personnes détenues. «Les importantes différences cantonales amènent à s’interroger sur les limites du fédéralisme», conclut la professeure. Elle soulève la question si la différence de traitement de la détention administrative par les cantons pouvait entraîner des inégalités de traitement.

Brochures pour les décideurs-euses et le grand public

Michaela Slotwinski et Alois Stutzer
L'accès ouvert au marché du travail augmente-t-il le taux d'emploi des requérant-e-s d'asile ?
Katrin Sontag et Tim Harder
Quels obstacles rendent les études aux personnes en fuite et en requête d’asile difficiles ?
Christin Achermann, Anne-Laure Bertrand, Jonathan Miaz et Laura Rezzonico
La détention administrative de personnes étrangères en chiffres


Université: les articles

nccr on the move

16,34 millions de francs pour le Pôle de recherche national sur la migration et la mobilité

Le Fonds national suisse a attribué 16,34 millions de francs au Pôle de recherche national sur la migration et la mobilité «nccr – on the move» pour une deuxième phase de quatre ans. Cette somme financera quatorze projets de recherche interdisciplinaires sur les liens entre migration et mobilité en Suisse. Le réseau de recherche coordonné par l’Université de Neuchâtel regroupe dix universités suisses.
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L’ouverture du marché de l’emploi, l’accès aux études, mais aussi la détention administrative des requérant-e-s d’asile varient considérablement d’un canton à l’autre. C’est ce que révèlent trois études du Pôle de recherche national sur la migration et la mobilité «nccr – on the move», coordonné par l’Université de Neuchâtel. Les résultats sont résumés dans trois brochures grand public.
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La Suisse contribue, depuis peu et pour la première fois, directement à l’exactitude du Temps universel coordonné (UTC), grâce à l’une des horloges atomiques les plus exactes au monde. Cette horloge atomique, la Fontaine continue suisse (FoCS), a été développée par l'Institut fédéral de métrologie, en collaboration avec le Laboratoire temps-fréquence de l’Université de Neuchâtel.
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